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Les disparités spatiales de sortie du chômage : vingt-deux analyses régionales

Alors que les dispositifs publics d’aide au retour à l’emploi sont de plus en plus décentralisés et territorialisés, l’effet du local est généralement absent des analyses de l’emploi et du chômage. Il y a ainsi un contraste très net entre, d’un côté, l’action et les débats publics qui semblent se préoccuper de plus en plus des disparités territoriales à différentes échelles (régions, zones d’emploi, communes ou quartiers), et de l’autre côté les analyses et les observations des chercheurs qui restent le plus souvent départementales et nationales sans intégrer les diversités des situations locales. En particulier, on dispose de trop peu d’indicateurs permettant de prendre la mesure de l’ampleur des disparités spatiales en matière de retour à l’emploi.

A la demande de la Dares, le Centre d’études de l’emploi a réalisé une étude analysant les disparités intercommunales des chances de sortir du chômage dans chacune des 22 régions de la France métropolitaine.

Dans le but de construire des indicateurs de flux au niveau géographique le plus fin, celui de la commune, les auteurs ont mobilisé un système d’observation géo-localisée, baptisé Solstice. Les chances de sortir du chômage sont évaluées dans chaque localité à l’aide de techniques économétriques appliquées à des micro-données issues de sources administratives. Partant du fichier historique statistique de l’ANPE, les auteurs estiment des modèles de durée de chômage qui permettent d’évaluer les chances de sortir du chômage dans chaque commune de la région.

Dans un premier temps, les auteurs analysent les disparités spatiales des sorties « brutes » du chômage de chaque région, telles qu’elles ressortent des statistiques non retravaillées et dans un deuxième temps les disparités nettes, en raisonnant toutes choses égales par ailleurs, comme si chaque localité avait la même structure par âge, sexe et qualification que celle de la région. Les constats sont de très fortes disparités d’une commune à l’autre, quel que soit l’indicateur retenu pour estimer ces disparités. Les écarts d’une localité à l’autre restent globalement très élevés lorsque l’on neutralise les différences de structure par âge, sexe et qualification ce qui confirme l’existence d’un effet spécifique du territoire.
Dans chacun des 22 cahiers régionaux sont cartographiées, quel que soit l’indicateur retenu, les disparités spatiales de sortie du chômage. L’étude permet d’analyser les contours sociodémographiques et économiques de ces différents territoires.