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Mobilités géographiques, emplois et inégalités. Introduction

Article du n°160 de la revue Travail et Emploi

Croisant des enjeux sociaux, économiques, technologiques, environnementaux, politiques et philosophiques, la question de la mobilité occupe un rôle central dans les sociétés et les économies contemporaines. Si de nombreux travaux en sciences sociales, émanant notamment de sociologues et de géographes, mettent en avant les ambiguïtés et les paradoxes attachés aux concepts et aux pratiques de mobilité1 , voire s’en font les critiques , les approches économiques se distinguent en en soulignant plus souvent les connotations favorables. Cela est particulièrement vrai s’agissant de la mobilité du travail, dont la nécessité et le rôle positif sont d’autant plus mis en exergue que l’on s’éloigne du modèle salarial hérité des Trente Glorieuses, reposant sur un emploi fixe dans un lieu fixe . En prenant appui sur les apports de diverses disciplines (en premier lieu de l’économie et de la sociologie), ce numéro spécial de Travail et Emploi propose un éclairage sur les déclinaisons géographiques de la mobilité du travail, en tenant compte de ses ambiguïtés et de ses articulations avec les inégalités sociales. Ce faisant, il invite à questionner les politiques publiques en matière de mobilités.

Les articles rassemblés permettent d’identifier sous des formes renouvelées les différenciations sociales et économiques liées à l’emploi en matière de mobilité. Ils mettent en avant les différences de maîtrise et les effets polarisés de la mobilité, ou de son absence, selon l’appartenance de genre ou l’origine sociale. Les contributions à ce numéro apportent ainsi des éléments pour repenser une conception de la mobilité qui tend à faire reposer sur les travailleurs et les travailleuses des « périphéries » (banlieues, territoires non métropolitains, marges du marché du travail, femmes), les ajustements aux besoins du marché du travail.

Revue Travail et Emploi n°160