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Le déconfinement a permis la reprise des embauches en contrats longs mais pas celle des embauches en contrats courts

Si sur l’ensemble du 2e trimestre 2020, les embauches chutent, leur profil au cours de ces trois mois est très lié aux phases de confinement puis de déconfinement.

Fin juin 2020, seules les embauches en contrats longs retrouvent leur niveau habituel

Durant la période de confinement (six premières semaines du 2e trimestre 2020), le nombre d’embauches dans le secteur privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs) est très faible, autour de 30 % de celui observé sur la période équivalente de 20191, que ce soit pour les contrats courts (CDD de moins d’un mois) ou pour les contrats plus longs (CDD de plus d’un mois et CDI).

Ensuite, au cours de la semaine du 11 mai (semaine 7 – S7), les embauches remontent (autour de 60 % du niveau observé l’année précédente), avant de se stabiliser les deux semaines suivantes à un peu moins de la moitié du niveau de 2019. Cette hausse est plus marquée pour les contrats longs.

À partir du 2 juin, le déconfinement entre dans une deuxième phase : la limite de circulation de 100 kilomètres est levée et la plupart des restaurants peuvent rouvrir. Cette levée d’un grand nombre de restrictions concernant les déplacements et les lieux de vie sociale, culturelle et sportive s’accompagne d’un rebond marqué des embauches : leur nombre progresse nettement en semaine 10 et, concernant les CDI, leur nombre dépasse même ponctuellement celui observé sur la semaine équivalente de 2019.

Passé ce rattrapage très partiel, la reprise des embauches en juin s’essouffle, si bien que le niveau atteint à la fin du mois reste significativement plus faible que celui observé à la même période de 2019 (68 %). Cette situation tient aux embauches en CDD courts, qui demeurent encore très inférieures à celles de 2019 (de 40 % environ). À l’inverse, les embauches plus « longues » rejoignent les niveaux prévalant un an auparavant (graphique 1). 

Une reprise des embauches différenciée selon les secteurs d’activité

D’un point de vue sectoriel, dans la santé2 et le commerce alimentaire3 notamment, les embauches résistent mieux car ces activités sont a priori moins affectées par le confinement (graphique 2). Les contrats signés dans le secteur du commerce alimentaire sur les cinq premières semaines du 2e trimestre 2020 s’établissent ainsi autour de 60 % de ceux signés au cours de la même période en 2019, contre 19 % en moyenne dans le commerce non-alimentaire4.

Au fil du trimestre, les trajectoires d’embauche ont cependant tendance à converger entre secteurs, à la faveur de la levée progressive des mesures de confinement. Dans l’hébergement-restauration, très peu de contrats sont signés au cours des neuf premières semaines du 2e trimestre : les embauches n’y atteignent en moyenne que 6 % de celles réalisées en 2019. En revanche, avec la réouverture progressive des bars et restaurants à partir du 2 juin, les contrats signés bondissent au cours de la semaine 10 (S10), retrouvant 70 % de leur niveau habituel. En fin de période, le nombre d’embauches du secteur de l’hébergement-restauration reste toutefois très en-deçà de celui atteint en 2019 (autour de 60 %). La situation est encore plus dégradée dans le secteur des activités récréatives5 (autour de 40 %), où la reprise de l’activité a été plus tardive6. En fin de période, seul le secteur de la construction connaît un nombre d’embauches supérieur à celui observé en 2019.

Une hausse des licenciements économiques à la fin du 2e trimestre 2020, dans un contexte de fort recul des fins de CDI sur l’ensemble de la période

Avec le confinement, les fins de contrat, y compris de CDI, se sont effondrées : en cumul sur l’ensemble du trimestre, les fins de CDI se situent à environ 70 % de celles observées en 2019. Les motifs de rupture de CDI (démissions, ruptures conventionnelles…) présentent des trajectoires relativement proches sur l’ensemble du trimestre et sont en net retrait par rapport à l’année précédente. Seuls les licenciements économiques connaissent une hausse importante en fin de trimestre (graphique 3). Au cours de la semaine 12 (S12), ils sont ainsi deux fois supérieurs à leur niveau de 2019 (soit environ 700 licenciements économiques en plus au cours de cette semaine). En cumul sur l’ensemble du trimestre, les fins de CDI pour cause de licenciement économique retrouvent le niveau de l’année précédente. Les démissions et les ruptures conventionnelles ne remontent que modérément en fin de trimestre et se situent toujours en retrait d’environ 20 % en moyenne en juin par rapport à l’an passé.

(1) L’analyse se fait en comparant des semaines similaires du 2e trimestre 2020 et du 2e trimestre 2019. Par exemple, la semaine 2 (S2) compare le nombre de mouvements intervenus entre le 6 et le 12 avril 2020 par rapport à ceux intervenus entre le 8 et le 14 avril 2019. (2) Activités pour la santé humaine (code APE 86) et hébergement médico-social et social (code APE 87).
(3) Centrales d’achat alimentaires (code APE 4617A), commerce de gros de produits alimentaire, de boissons et de tabac (code APE 463), commerce de gros de produits pharmaceutiques (code APE 4646Z), commerce de détail en magasin non spécialisé tel que les supérettes ou les hypermarchés (code APE 471), commerce de détail alimentaire en magasin spécialisé (code APE 472), commerce de détail hors magasin, éventaires ou marchés (code APE 479).
(4) Activités de commerce à l’exclusion de celles figurant dans le secteur du commerce alimentaire défini plus haut.
(5) Activités créatives artistiques et de spectacle (code APE 90), bibliothèques, archives, musées et autres activités culturelles (code APE 91), activités sportives récréatives et de loisirs (code APE 93).
(6) Les salles de cinémas n’ont par exemple été autorisées à la réouverture qu’à partir du 22 juin 2020 sur l’ensemble du territoire national.

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