Activité et conditions d’emploi de la main-d’œuvre pendant la crise sanitaire Covid-19 - septembre 2020

Synthèse des résultats de l’enquête flash

La sixième édition de l’enquête Acemo spéciale Covid, réalisée par la Dares avec l’appui de l’Insee, a interrogé les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole entre le 31 août et le 11 septembre 2020, sur leur situation et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre en août.

  • En août, la reprise de l’activité continue mais semble légèrement s’essouffler. Si 60 % des salariés (après 53 % en juillet, 37 % en juin, 22 % en mai et 16 % en avril) sont employés dans des entreprises dont l’activité est inchangée par rapport à ce qui était prévu, 7 % des salariés sont encore dans une entreprise dont l’activité est arrêtée ou a diminué de plus de moitié (après 9 % en juillet, 13 % en juin, 27 % en mai et 45 % en avril). Cette légère amélioration est générale. Elle est marquée dans l’hébergement et la restauration qui reste cependant, en août, le secteur le plus touché par la crise (21 % à l’arrêt ou en baisse d’activité de plus de moitié en août, après 35 % en juillet et 57 % en juin).
  • Les entreprises qui demeurent concernées par une chute d’activité font face à un choc de demande. Les causes évoquées de réduction d’activité sont avant tout la perte de débouchés (80 % après 77 % en juillet), plutôt que les fermetures administratives (9 % après 12 % en juillet), le manque de personnel pouvant travailler (5 %, comme en juillet) ou les difficultés d’approvisionnement (7 % après 6 % en juillet).
  • Les difficultés liées à la gestion des questions sanitaires, qui étaient reparties à la hausse en juillet, augmentent à nouveau en août. À l’inverse, les difficultés financières se réduisent encore un peu, de même que celles liées à une fermeture administrative, celles relatives à l’approvisionnement et celles liées à l’aval.
  • Les réductions d’effectifs restent contenues, comme c’est le cas depuis le mois d’avril. Elles passent majoritairement par l’annulation ou le report d’embauches prévues. Cependant, le recours au non-renouvellement de CDD, très fréquent de mars à mai, reste important (41 %) et les ruptures conventionnelles poursuivent leur augmentation commencée en mai (21 % fin août contre 5 % en mai). Près de la moitié des entreprises dont les effectifs ont diminué anticipent que ces derniers ne retrouveront pas leur niveau normal, notamment dans les plus grandes d’entre elles. Les entreprises qui n’ont pas encore vu leurs effectifs diminuer du fait de la crise n’anticipent pas pour la majeure partie d’entre elles une baisse des effectifs au cours des trois prochains mois. Cependant, les entreprises qui augmentent leurs effectifs sont de moins en moins nombreuses (5 % après 6 % en juillet et 8 % en juin), en particulier dans celles de grande taille et dans le secteur du commerce.
  • En août, quatrième mois de déconfinement, le retour des salariés sur site se confirme malgré les congés estivaux : fin août, plus de la moitié des salariés travaillait sur site (stable par rapport à fin juillet et fin juin, après la moitié fin mai, un tiers fin avril et un quart fin mars). Le chômage partiel complet se stabilise : 3 % des salariés étaient dans ce cas fin août (après 4 % fin juillet). Le télétravail est aussi fréquent qu’en juillet et concerne un salarié sur dix, alors que la part des salariés en congés augmente nettement et que celle des salariés en arrêt maladie reste stable.
  • Le nombre d’entreprises ayant recours au chômage partiel poursuit la baisse amorcée en juin. 1,3 million de salariés auraient effectivement été en activité partielle au mois d’août 2020, après 1,9 million en juillet (chiffre révisé), pour un total de 77 millions d’heures chômées, soit 0,5 million de salariés en EQTP (après 0,9 million en juillet).
  • Le recours à la formation est assez faible pour les salariés en chômage partiel (13 %, après 16 % en juillet), notamment dans les plus petites entreprises. Il est cependant assez important dans les secteurs de la fabrication de matériel de transport et dans l’hébergement restauration.
  • Les perspectives des entreprises sont encore marquées, comme pour le mois de juillet, par une forte incertitude et une grande hétérogénéité entre secteurs. Les entreprises anticipant un retour à l’activité normale d’ici 3 mois représentent 40 % de l’emploi salarié (après 43 % fin juillet), et la part de salariés qui travaillent dans une entreprise qui ne voit pas de retour à la normale avant la fin de l’année se stabilise en août à 28 % (après 27 % en juillet). L’incertitude, qui avait reflué en mai et juin puis rebondi en juillet, augmente encore. Elle atteint son plus haut niveau depuis le début de la crise : les entreprises qui ne savent pas dater ce retour à la normale représentent 32 % des salariés (après 30 % fin juillet et 27 % fin avril).
  • La part des entreprises qui n’anticipent aucune difficulté pour la reprise de leur activité est stable par rapport à juillet (20 % en août après 21 % en juillet, 17 % en juin, 10 % en mai et 6 % en avril). Les principales difficultés que les entreprises voient poindre restent le manque de débouchés (stable par rapport à juillet), l’organisation de l’activité de manière à respecter la distanciation sociale (stable également) et la disponibilité limitée de certains salariés (en hausse).
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