Activité et conditions d’emploi de la main- d’œuvre pendant la crise sanitaire Covid-19 - août 2020

Synthèse des résultats de l’enquête flash

La cinquième édition de l’enquête Acemo spéciale Covid, réalisée par la Dares avec l’appui de l’Insee, a interrogé les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole entre le 30 juillet et le 18 août 2020, sur leur situation et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre en juillet.

  • En juillet, l’activité poursuit sa reprise. 9 % des salariés sont dans une entreprise dont l’activité est arrêtée ou a diminué de plus de moitié, après 13 % en juin, 27 % en mai et 45 % en avril. Seuls 1 % des salariés travaillent encore dans une entreprise dont l’activité est totalement arrêtée. Cette amélioration est générale et particulièrement visible dans l’hébergement et la restauration (35 % à l’arrêt ou en baisse d’activité de plus de moitié en juillet après 57 % en juin) et dans les arts, spectacles et activités récréatives (38 % à l’arrêt ou en baisse d’activité de plus de 50 % en juillet après 58 % en juin) qui restent malgré tout très impactés par la crise.
  • Les entreprises qui demeurent concernées par une chute d’activité font face à un choc de demande. Les causes évoquées de réduction d’activité sont avant tout la perte de débouchés (77 % après 64 % en juin) devant les fermetures administratives (12 % après 20 % en juin), plutôt que le manque de personnel pouvant travailler (5 % après 10 % en juin) ou les difficultés d’approvisionnement (6 %, comme en juin).
  • Les difficultés financières se réduisent encore un peu, de même que celles relatives à l’approvisionnement et celles liées à l’aval. Les difficultés liées au manque de débouchés diminuent aussi, de même que celles liées à une fermeture administrative. À l’inverse, les difficultés liées à la gestion des questions sanitaires repartent à la hausse.
  • Les réductions d’effectifs restent contenues, comme c’est le cas depuis le mois d’avril. Elles passent majoritairement par l’annulation ou le report d’embauches prévues. Cependant, le recours au non-renouvellement de CDD reste important et les ruptures conventionnelles sont en nette augmentation. Près de la moitié des entreprises dont les effectifs ont diminué anticipent que ces derniers ne retrouveront pas leur niveau normal, même s’il subsiste encore beaucoup d’incertitude, 39 % des entreprises ne se prononçant pas sur les évolutions de leurs effectifs. Les entreprises qui n’ont pas encore vu leurs effectifs diminuer du fait de la crise n’anticipent pas pour la majeure partie d’entre elles une baisse des effectifs au cours des trois prochains mois. Cependant, les entreprises qui augmentent leurs effectifs sont moins nombreuses qu’en juin (6 % après 8 % en juin et 4 % en mai), en particulier dans celles de grande taille et dans le secteur du commerce.
  • En juillet, troisième mois de déconfinement, le retour des salariés sur site se confirme : fin juillet, six salariés sur dix travaillaient sur site (stable par rapport à fin juin, après la moitié fin mai, un tiers fin avril et un quart fin mars). Le chômage partiel complet diminue sensiblement : 4 % des salariés étaient dans ce cas fin juillet (après 7 % fin juin). Le télétravail est moins fréquent qu’en juin et ne concerne plus qu’un salarié sur dix, alors que la part des salariés en congés augmente nettement en juillet et que celle des salariés en arrêt maladie se stabilise.
  • Le nombre d’entreprises ayant recours au chômage partiel poursuit la baisse amorcée en juin. Fin juillet, 38 % des salariés sont dans une entreprise qui a mis au moins une partie de ses salariés au chômage partiel, après 58 % le mois précédent. Le profil des entreprises concernées a évolué depuis le mois de mars : jusqu’en mai, les petites entreprises avaient davantage recours au chômage partiel complet que les entreprises de grande taille. Depuis le mois de juin, le recours ne diffère plus en fonction de la taille de l’entreprise. Enfin, le recours à la formation est assez faible pour les salariés en chômage partiel (16 %).
  • Le nombre de salariés au chômage partiel en juillet est estimé (à partir de l’enquête Acemo-Covid et des demandes d’indemnisation pour juillet reçues à ce jour) à 2,4 millions de salariés (après 4,5 millions en juin), soit 0,9 million en équivalent temps plein (EQTP) (après 1,5 million EQTP en juin, et 3,0 millions EQTP en mai). Parmi eux, le nombre de salariés en chômage partiel pour raison de vulnérabilité (ou pour garde d’enfants) est estimé à 120 000 (sur 2,4 millions), après 720 000 en juin (sur 4,5 millions). La baisse du nombre de salariés en chômage partiel est particulièrement forte en juillet dans la construction, le commerce, le transport-entreposage, l’hébergement-restauration, les activités spécialisées, scientifiques et techniques.
  • Les perspectives des entreprises sont marquées par une forte incertitude et une grande hétérogénéité entre secteurs. Les entreprises anticipant un retour à l’activité normale d’ici 3 mois représentent 43 % de l’emploi salarié (après 44 % fin juin), celles qui ne voient pas de retour à la normale avant la fin de l’année sont moins nombreuses qu’en juin et en représentent désormais 27 % (après 35 %). L’incertitude, qui avait reflué en mai et juin, remonte à son niveau de fin avril : les entreprises qui ne savent pas dater ce retour à la normale représentent 30 % des salariés (après 21 % fin juin).
  • Les entreprises qui n’anticipent aucune difficulté pour la reprise de leur activité sont de plus en plus nombreuses (21 % après 17 % en juin, 10 % en mai et 6 % en avril). Les principales difficultés que les entreprises voient poindre restent le manque de débouchés, l’organisation de l’activité de manière à respecter la distanciation sociale et la disponibilité limitée de certains salariés.
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