Activité et conditions d’emploi de la main- d’œuvre pendant la crise sanitaire Covid-19 - juillet 2020

Synthèse des résultats de l’enquête flash

La quatrième édition de l’enquête Acemo spéciale Covid, réalisée par la Dares avec l’appui de l’Insee, a interrogé les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole entre le 1er et le 13 juillet 2020, sur leur situation et les conditions d’emploi de la main-d’œuvre en juin.

  • En juin, l’activité poursuit sa reprise. Seuls 1 % des salariés sont encore dans une entreprise dont l’activité est totalement arrêtée, après 5 % en mai, 12 % en avril et 19 % en mars. La proportion de salariés travaillant dans une entreprise dont l’activité a diminué de plus de moitié est divisée par deux par rapport au mois précédent, passant à 11 %. Cette amélioration est générale et particulièrement visible dans l’hébergement et la restauration (12 % à l’arrêt en juin après 49 % en mai) et dans les autres activités de service (8 % à l’arrêt après 24 % en mai), secteur qui comprend notamment les arts, spectacles et activités récréatives.
  • Les entreprises qui demeurent concernées par une chute d’activité font face à un choc de demande. Les causes évoquées de réduction d’activité sont avant tout la perte de débouchés (64 % après 50 % en mai) devant les fermetures administratives (20 % après 28 % en mai), plutôt que le manque de personnel pouvant travailler (10 % après 14 % en mai) ou les difficultés d’approvisionnement (6 % après 8 % en mai).
  • Les difficultés liées à la gestion sanitaire se réduisent encore un peu, de même que celles relatives à l’approvisionnement et celles liées à l’aval. Les difficultés liées au manque de débouchés se stabilisent, tandis que celles liées à une fermeture administrative chutent fortement, en particulier dans l’hébergement restauration.
  • Les réductions d’effectifs restent contenues, comme en avril et en mai. Elles passent désormais majoritairement par l’annulation ou le report d’embauches prévues. Cependant, le recours au non-renouvellement de CDD reste important. Les entreprises qui augmentent leurs effectifs sont plus nombreuses qu’en mai (8 % des salariés travaillent dans une entreprise ayant augmenté ses effectifs après 4 % en mai), en particulier dans les entreprises de grande taille et dans le secteur du commerce.
  • En juin, deuxième mois de déconfinement, le retour des salariés sur site se poursuit : fin juin, six salariés sur dix travaillaient sur site (après la moitié fin mai, un tiers fin avril et un quart fin mars). Le chômage partiel complet diminue sensiblement : 7 % des salariés étaient dans ce cas fin juin (après 13 % fin mai). Le télétravail est moins fréquent qu’en mai mais conserve un niveau relativement élevé (un sixième des salariés) alors que la part des salariés en congés ou arrêt maladie se stabilise.
  • Le nombre d’entreprises ayant recours au chômage partiel, qui augmentait continument, diminue fortement et retombe à son niveau de fin mars. Fin juin, 58 % des salariés sont dans une entreprise qui a mis au moins une partie de ses salariés au chômage partiel, après 73 % le mois précédent. Le profil des entreprises ayant un recours plus fréquent évolue également. Contrairement au mois de mai, ce sont désormais les petites entreprises qui recourent le moins au chômage partiel : 42 % pour les entreprises de 10 à 19 salariés, et 60 % pour les entreprises de 500 salariés ou plus. Au sein des entreprises recourant à l’activité partielle, deux tiers des salariés travaillent dans une entreprise où cette activité partielle correspond pour une partie des salariés à une situation de garde d’enfant ou de salariés considérés comme fragiles/vulnérables. Cependant, les différences sont très marquées selon le secteur de l’entreprise. Enfin, le recours à la formation est assez faible pour les salariés en chômage partiel.
  • La crise sanitaire a contraint certaines entreprises à prendre des dispositions et à conclure des accords spécifiques sur le temps de travail et les congés . 35 % des salariés travaillent dans une entreprise qui a imposé des dates pour la prise de jours de repos et 16 % dans une entreprise qui a conclu un accord sur l’activité partielle. Des accords ont également été conclus sur la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat : les entreprises concernées représentent 17 % de l’emploi salarié total.
  • Les perspectives des entreprises se stabilisent et restent marquées par une forte incertitude et une grande hétérogénéité entre secteurs. Les entreprises anticipant un retour à l’activité normale d’ici 3 mois représentent 44 % de l’emploi salarié (après 43 % fin mai), celles qui ne voient pas de retour à la normale avant la fin de l’année en représentent 35 % (après 36 % en mai) et celles qui ne savent pas dater ce retour à la normale représentent toujours environ un cinquième des salariés (21 % après 20 % fin mai).
  • Les entreprises qui n’anticipent aucune difficulté pour la reprise de leur activité sont de plus en plus nombreuses (17 % après 10 % en mai et 6 % en avril). Les principales difficultés que les entreprises voient poindre restent le manque de débouchés, l’organisation de l’activité de manière à respecter la distanciation sociale et la disponibilité limitée de certains salariés.
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