Quels métiers recruteront en 2030 ?

La Dares publiera prochainement, avec France Stratégie, les Métiers en 2030. Cette étude permettra de comprendre l’évolution des métiers et les perspectives d’embauche dans les années à venir.

Depuis la fin des années 1990, la Dares et France Stratégie, proposent un panorama prospectif de l’emploi et des postes à pouvoir par famille professionnelle. Quels sont les objectifs visés ? Comment les équipes font-elles pour établir ces projections ? Rencontre avec Aurore Desjonquères, chargée d’études à la Dares.




Pourquoi chercher aujourd’hui à connaître les métiers qui recruteront en 2030 ?
Anticiper l’évolution des métiers permet d’informer les citoyens sur les perspectives à venir du marché du travail et d’éclairer les décisions politiques en matière d’emploi et de formation. Cette démarche permet d’adapter l’offre de formation et d’accroitre la capacité d’anticipation du système de formation tout au long de la vie. Elle permet de mieux anticiper les mutations démographiques et économiques ou encore d’éclairer les choix d’orientation professionnelle des individus. Par exemple, un lycéen qui souhaite s’orienter vers un métier pourra mieux apprécier les perspectives de recrutement de ce métier lorsqu’il arrivera sur le marché du travail.

Comment s’y prend-on pour connaître le nombre d’embauches en 2030 ?
Les perspectives d’embauches sont estimées à partir des tendances passées. Attention, il ne s’agit pas de prédire ce qu’il se passera en 2030, mais d’indiquer comment le marché du travail évoluerait si un certain nombre d’hypothèses étaient vérifiées. Nous choisissons les hypothèses les plus cohérentes avec les tendances observées mais nous ne pouvons anticiper tous les changements technologiques, politiques et économiques qui pourraient survenir d’ici 2030 et qui ne sont pas encore connus. Par exemple, la transition écologique et environnementale suppose – pour atteindre les objectifs de neutralité carbone que la France s’est fixés – des changements de comportements que nous essayons de prendre en compte. C’est pourquoi le terme de projection est ici préféré à celui de prévision.

Concrètement, comment réalisez-vous ces projections ?
Pour projeter les besoins en recrutement par métier d’ici à 2030, nous nous intéressons à la fois aux départs en fin de carrière, et aux destructions et créations de postes. Ces dernières sont projetées à l’aide d’un modèle macrosectoriel qui permet d’estimer les postes à pourvoir par secteur, dans un scénario de croissance, d’investissement, d’évolution de prix et de salaires cohérent.
Plusieurs scénarios sont envisagés pour tenir compte le plus possible de l’incertitude. Ils rappellent aussi au lecteur qu’elle est inhérente à ces projections.

Les métiers en 2030, qui paraîtra dans les mois à venir, ira plus loin que l’exercice précédent…
Le dernier exercice de projection de l’emploi tablait sur 800 000 postes à pourvoir au niveau national chaque année entre 2012 et 2022. Il proposait également un nombre de postes à pouvoir par métier, par exemple 387 000 postes d’agents d’entretien, 322 000 postes d’aides à domicile et 300 000 enseignants.
Si ces projections permettaient d’anticiper des postes à pourvoir, elles ne préjugeaient pas toujours des difficultés de recrutement. Afin d’anticiper les métiers dans lesquels des besoins de recrutement se maintiennent et ceux où les embauches peuvent être plus difficiles, Les Métiers en 2030 devrait intégrer une évaluation du nombre de sortants de formation initiale par métier durant la période de projection et des mobilités professionnelles. L’exercice projettera également les postes à pourvoir au niveau régional.

En attendant Les métiers en 2030, consultez Les métiers en 2022.