Les mouvements de main-d’œuvre des seniors entre 2001 et 2014

des sorties moins nombreuses et plus tardives, des embauches encore plus rares

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Depuis le début de la décennie 2000, pouvoirs publics et partenaires sociaux ont pris de nombreuses mesures pour inciter au maintien des seniors en activité. Ces mesures ont eu pour effet d’augmenter sensiblement la proportion de seniors en emploi.

À partir des statistiques sur les mouvements de main-d’œuvre dans les entreprises de 10 salariés ou plus, il est possible d’analyser les différents motifs de mobilité d’emploi des personnes âgées de 55 ans ou plus intervenues dans le secteur concurrentiel entre 2001 et 2014, en comparaison avec le reste des actifs.

Ces données montrent que :
- les mobilités d’emploi sont les plus faibles entre 50 et 59 ans ;
- la progression du taux d’emploi des 55-64 ans à partir de 2007, surtout entre 56 et 59 ans, est due à
la diminution des flux de sorties, et notamment des cessations définitives d’activité (préretraites et
retraites) ;
- les réformes des retraites successives ont entraîné une modification du calendrier des cessations
définitives d’activité rendant les départs plus tardifs qu’auparavant ;
- l’ampleur des mouvements d’embauches de seniors a peu évolué relativement à celle des autres
classes d’âge ;
- le recours aux CDD a continué de s’accroître, et est même supérieur à celui d’autres classes d’âge.

Elles confirment que les mouvements de main-d’œuvre des seniors (recrutements et fins de contrat) enregistrés depuis le début des années 2000 dans le secteur concurrentiel ont été nettement plus affectés par les modifications réglementaires sur les fins de carrière que par les fluctuations de l’activité économique. Et elles montrent que l’augmentation du taux d’emploi des seniors observée depuis le milieu des années 2000 est due à une diminution relative du nombre de départs, consécutive à l’extinction progressive des préretraites et au durcissement des conditions de départ en retraite (allongement des durées d’assurance requises puis recul de l’âge minimum de départ), alors que les embauches de seniors ont peu progressé relativement à celles des autres classes d’âge.

Avertissement : les données sur les mouvements de main-d’œuvre ont été révisées en juin 2018, suite à l’intégration de la Déclaration sociale nominative. Cette révision n’a pas pu être prise en compte pour cette étude.

- Document d’études 2018-223 - Les mouvements de main-d’œuvre des seniors entre 2001 et 2014 : des sorties moins nombreuses et plus tardives, des embauches encore plus rares