Les trajectoires salariales des individus payés au voisinage du smic entre 1995 et 2007

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Cette étude fournit une analyse descriptive sur le devenir des salariés payés au voisinage du Smic au cours de la période 1995-2007 à partir du panel Dads apparié avec la base Dares-Urssaf des établissements passés aux 35 heures. Faute de pouvoir identifier précisément les différentes composantes des rémunérations perçues par les salariés, l’analyse porte sur les salariés rémunérés au voisinage du Smic, c’est-à-dire les salariés dont la rémunération horaire est comprise entre 80 % de la plus petite valeur du salaire minimum (selon les cas, le Smic ou la GMR) et 105 % de la plus haute valeur du salaire minimum.

Neuf cohortes de salariés (cohortes 1995 à 2003) sont suivies sur une période de cinq ans. Une part importante des individus sort toutefois du champ couvert par le panel Dads avant la cinquième année observée (en particulier vers l’inactivité, le chômage ou la fonction publique). Pour chaque cohorte, les individus initialement rémunérés au voisinage du Smic sont regroupés selon six types de parcours salariaux :

. 1. les salariés au voisinage du Smic au cours de cinq années consécutives (en moyenne 6,5 % des individus ont ce parcours salarial, soit 13 % des salariés qui restent dans le champ d’analyse au long des cinq années étudiées),
. 2. les salariés qui évoluent du voisinage du Smic vers un salaire supérieur (31,7 % soit 65 % des salariés qui restent dans le champ d’analyse au long des cinq années étudiées),
. 3. les salariés qui effectuent des « allers-retours » entre voisinage du Smic et salaires supérieurs (11 % soit 22 % des salariés qui restent dans le champ d’analyse au long des cinq années étudiées),
. 4. les salariés qui sortent du champ des Dads sans avoir perçu un salaire supérieur (17,4 %),
. 5. les salariés qui sortent du champ des Dads après avoir perçu un salaire supérieur (15,6 %),
. 6. les individus qui effectuent des « allers-retours » entre voisinage du Smic et sortie du champ des Dads, le cas échéant en ayant connu des transitions vers des salaires supérieurs (17,9 %).

Les parts respectives de ces six groupes sont stables entre les différentes cohortes.

Cette typologie permet de dégager des profils de salariés en fonction de leur trajectoire salariale. En particulier, on peut retenir les points suivants :

. les salariés au voisinage du Smic de façon permanente, la trajectoire la moins fréquente, sont plus souvent des femmes, des ouvriers ou des employés, et ont une plus grande ancienneté sur le marché du travail ;
. les salariés qui évoluent du voisinage du Smic vers un salaire supérieur, la trajectoire la plus fréquente, sont des individus qui disposent d’une certaine ancienneté dans l’entreprise ou sur le marché du travail ;
. ceux qui sortent du champ des Dads sans avoir perçu un salaire supérieur sont souvent plus âgés. Il s’agit alors vraisemblablement de personnes en fin de carrière ;
. les individus qui ont des trajectoires heurtées (i.e. qui effectuent des « allers-retours » entre voisinage du Smic et sortie du champ des Dads, le cas échéant en ayant connu des transitions vers des salaires supérieurs) sont souvent des jeunes avec moins d’expérience dans l’emploi ou sur le marché du travail.

Document d’études n° 156 - Les trajectoires salariales des individus payés au voisinage du smic entre 1995 et 2007