Les changements d’organisation du travail dans les entreprises :

Conséquences sur les accidents du travail des salariés

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Cet article étudie l’influence des nouvelles formes d’organisation du travail, inspirées du toyotisme (respect de normes de qualité, production en juste-à-temps, équipes autonomes de travail . . .), sur le risque d’accidents du travail et de troubles musculo-squelettiques des salariés.

Par rapport à la littérature sur le sujet, il innove sur deux aspects. Il propose tout d’abord une interprétation conjointe de l’influence de ces nouveaux dispositifs sur le risque d’accidents du travail (ou de troubles musculo-squelettiques) et la productivité de l’entreprise, pour évaluer notamment si l’augmentation (respectivement la diminution) du risque provient ou non d’une hausse (respectivement d’une baisse) de l’intensité du travail. Il a recours ensuite, pour déterminer le lien entre ces pratiques et les atteintes liées à la santé, à un modèle économétrique de données de comptage en panel à effets fixes. Ce travail mobilise quatre sources de données :
l’enquête COI, qui est appariée avec les données administratives de la CNAM-TS, des DADS et des données FICUS de l’Insee.

L’article montre que l’obtention de la certification qualité ISO 9001 s’accompagne en moyenne d’une diminution des accidents du travail et d’une hausse de la productivité, dans les entreprises de 200 salariés ou plus, mais pas dans les plus petites.

Le risque d’accidents du travail augmente en revanche en moyenne suite à la mise en place de procédures de labellisation (qui supposent le respect de critères précis, notamment de qualité, du produit ou service mis en vente) et à l’entrée dans un réseau (d’enseignes, franchises . . .), vraisemblablement du fait de changements dans les méthodes et les exigences du travail auxquels les salariés éprouvent du mal à s’adapter, et à une augmentation de l’intensité du travail. La mise en place de l’analyse fonctionnelle est en moyenne associée à une baisse du risque d’accidents et de la productivité, très probablement parce que ce dispositif améliore la sécurité au prix d’un coût de mise en place qui freine à court terme la productivité.

L’article montre aussi que l’influence des divers dispositifs est variable selon le secteur d’activité qui l’adopte (par exemple, les procédures de juste-à-temps augmentent généralement les risques d’accidents dans les hôtels et restaurants, la traçabilité les augmente dans les activités industrielles).

Document d’études n° 165 - Les changements d’organisation du travail dans les entreprises : conséquences sur les accidents du travail des salariés