La sous-mobilisation de l’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise en Ile-de-France

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L’Aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprises (Accre), dispositif quasi trentenaire de la politique d’emploi, n’est pas utilisée en Ile-de France avec la même ampleur que dans les autres régions. Bien que le nombre de bénéficiaires de l’Accre y progresse, à l’instar des autres régions, la part de créations aidées y demeure cependant inférieure au reste du territoire.

Afin de mieux comprendre l’origine du faible recours à l’Accre des créateurs franciliens, la Dares et la DRTEFP d’Ile de France ont mené en 2008 une étude conjointe mobilisant divers angles d’analyse : exploitation des sources administratives et données d’enquêtes disponibles ; entretiens avec les principaux acteurs de la création d’entreprise : DDTEFP, conseillers des agences locales pour l’emploi, organismes d’accompagnement (Centres de Formalités des Entreprises, experts comptables, cabinets de conseil) ; interrogation d’un échantillon de chômeurs créateurs.

La mobilisation de ces diverses sources a permis d’identifier plusieurs pistes d’explication possibles du faible recours à l’Accre des chômeurs créateurs d’entreprises d’Ile de France. Les entretiens menés auprès des acteurs de l’appui aux créateurs d’entreprise ont ainsi mis à jour que la forte prépondérance du statut de société en gérance majoritaire ou minoritaire non rémunérée pouvait faire obstacle à l’utilisation de l’Accre. Comme l’ont souligné nombre d’interlocuteurs, la multiplication des sociétés dans la région trouve vraisemblablement son origine dans le contexte socio-économique de l’Ile-de-France. Les secteurs privilégiés de création (services aux entreprises, activités innovantes) demandent peu d’investissement et de partenariat financiers et sont susceptibles d’évolutions rapides. La souplesse de la SARL répond parfaitement à ces besoins.

L’insatisfaction de nombreux bénéficiaires de l’Accre sur l’accompagnement à la création, constatée dans les enquêtes, a trouvé écho dans le regard critique porté par l’ensemble des acteurs de la création sur la structuration du réseau d’appui : des structures trop nombreuses, trop éparpillées et souvent mal coordonnées. En revanche, tous s’accordent pour dire que l’information sur l’Accre est disponible et dispensée. Pour autant, cette information est souvent mal assimilée ou négligée par une partie des créateurs.

Document d’études n° 154 - La sous-mobilisation de l’aide aux chômeurs créateurs ou repreneurs d’entreprise en Ile-de-France