Insécurité du travail, changements organisationnels et participation des salariés : quel impact sur le risque dépressif ?

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L’insécurité socio-économique au travail est l’un des principaux facteurs psychosociaux de risque pour la santé mentale. Il est établi que la crainte de perdre son emploi ou de connaître une dégradation de ses conditions de travail est associée à une santé mentale dégradée, mais peu d’études permettent de tester le sens de la causalité. Cet article se propose dans un premier temps d’examiner l’endogénéité éventuelle de l’insécurité d’emploi par rapport au risque dépressif. Des modèles d’équations simultanées, où la causalité inverse (de la dépression vers l’insécurité) est contrôlée par des variables instrumentales, permettent de conclure que la prise en compte de l’endogénéité ne réduit pas l’impact estimé de l’insécurité sur le risque de dépression.

Dans un second temps, puisque les changements organisationnels apparaissent associés à une forte insécurité et à une santé mentale dégradée, on s’interroge sur le potentiel effet modérateur de la participation aux décisions – ici mesurée par le sentiment du salarié d’avoir « eu une influence sur la mise en œuvre des changements ». Cet effet apparaît très net dans une modélisation simple, mais la participation est elle aussi potentiellement endogène relativement au risque dépressif. La prise en compte de l’endogénéité par des modèles à variable instrumentale accroît l’impact estimé de la participation : celle-ci est en effet plus souvent accordée aux salariés à la santé mentale déjà fragilisée. Octroyer aux salariés un pouvoir d’agir sur les changements organisationnels est une politique efficace de prévention du risque dépressif.

- Document d’études 2017-214 - Insécurité du travail, changements organisationnels et participation des salariés : quel impact sur le risque dépressif ?